MAZZY STAR
She Hangs Brightly - 1990
Genre : folk aérien

Il y a des chansons qui trouvent instantanément leur place dans le réseau neuronal et qui deviennent tellement évidentes qu'on en oublie le moment de la première fois, comme si elles avaient toujours existé. "Be my Angel" est une de ces chansons. Un jour, je sais plus quand, les mots de Hope Sandoval ont commencé à me traquer jusqu'à me hanter.
Don't say it's useless, don't say forget it
Don't bring me wishes of silly dreams,
Don't leave me lonely, don't leave me unhappy
Just bring me up into your faith.
Cette fille, c'est comme un amour imaginaire dont la voix serait un sortilège. Hope.
OISEAUX-TEMPETE
S/T - 2014
Genre : post-rock frenchy

La première chose que j'ai aimé dans ce disque c'est sa conception graphique. Et la musique? elle s'eleve encore plus haut que ce bâtiment aux mains jointes. Certes la comparaison avec GYBE parait évidente, mais bien inutile tant elle serait réductrice. On a juste affaire à un joyaux de rock instrumental, et il paraît incroyable que ces compositions soient enregistrées live à trois musiciens.
Toutes les émotions (destructrices ?) s'enchaînent dans une ambiance pesante, et parfaitement posée. Un disque qui s'écoute les yeux fermés pour un voyage sans retour, un disque qui dicte sa poésie sans parole en vue de créer un imaginaire infini, cotonneux et subtil.

MOGWAI
Rave Tapes - 2014
Genre : post-rock electro

Que dire de ce Rave Tapes au nom bien vintage. A première vue, strictement rien, du Mogwai classique avec des morceaux lents et tranquilles lorsque le volume est faible, et qui deviennent explosifs lorsqu'on pousse. Du mur de son saturé mais moins qu'avant, de jolies mélodies à la "Sad Songs for Depressed People". A seconde vue, on plonge dans un univers bien plus electro (sans beat) qu'à l'accoutumée. Un son très travaillé, des notes qui s'étirent et résonnent puis s'étirent encore pour se fondre dans des oreilles en pleine addiction. C'est simple, mais surtout efficace.

SAGE FRANCIS
Life - 2010
Genre : americana hip-hop

Il avait déjà annoncé les prémices de ce qu'on pourrait appeler de l'américana rap. Sur quelques trames, passages instrumentaux, quelques plages entières, était monté un mélange de blues, country le tout servant de base à un flot hip-hop d'une grande intensité. Mais là, il pousse l'expérience sur tout un album. Couper les lyrics, il reste des ballades, du blues, du bon blues, des accents d'amérique poussiéreuse. Couper la musique, et l'inverse opère : de la rage, de la brutalité, du brut de décoffrage. Dans les mains, il y a un objet musical complètement unique, la magie opère vite. Comme il l'a déjà clamé, Jah didn't kill Johnny. Il a simplement rendez-vous avec la mort.
DEAD SKELETONS
Dead Magic - 2011
Genre : psychédélisme incantatoire, messe noire

"who fears death cannot enjoy life", nous assène Jon Saemundur Audarson. Discours ambigu pour un groupe dont le premier clip est une tête de mort qui tourne sur un vieux phonographe.
C'est froid, glacial même (normal, ça vient d'islande), mais c'est complètement nouveau et original. Je n'ai jamais rien écouté de tel. Un son très épais et sourd, un chant incantatoire, une rythmique martelée, tambouriné, et répétitive (qui plonge immédiatement l'auditeur au coeur d'une parade pré-sacrifice). Rien ne se détache de ce magma sonore qui ne prend vie que dans l'imaginaire de nos esprits. Mais lorsque ça s'arrête, on en redemande.
BLACK MOUNTAIN
In The Future - 2008
Genre : indéfinissable, tantôt prog, tantôt hard, souvent psyché

S'il y a un disque de rock qui pourrait avoir le qualificatif de "fusion" c'est bien celui-ci. Certains pourront dire que cet aspect touche à tout est une faiblesse, pour moi c'est sa force. Alors oui, les réfénces sont multiples, un peu comme si Jimmy Page avait joué avec les Floyd, ou Grace Slick avec le Velvet.
Les vocaux sont à deux voix, une masculine, et l'autre féminine. Leur lyrisme est unique, épique, et terriblement envoûtant.
La linéarité est laissée de côté pour laisser libre court à de longues plages instrumentales et surtout mentales. Les 16 minutes de Bright Light ne dérogeront pas à la règle. Ca s'écoute fort, très fort.
Vous vouliez un disque seventies dans les années 2000, et bien, le voici.
GRAILS
Deep Politics - 2011
Genre : post-rock ténébreux, aux accents psychédéliques

Depuis le début, cette troupe de multi-instrumentistes que constitue grails pratique un post-rock très ancré dans les années 70. Contrairement à ce qu'on peut trouver chez d'autres groupes, ici point de nappes de guitares ultra saturées. La part belle est laissée à une douze cordes, à des instru d'influence orientale, et cette batterie qui vient ensorceler chaque plage, chaque seconde. Parfois légère, parfois épique.
Les morceaux évoluent sans que l'on ne puisse anticiper leur progression dans une virtuosité instrumentale sans égale. Grails a un son, a son son. Je ne saurais que suggérer la première plage du disque. Une entrée en matière lourde et pesante, d'où on croirait entendre se dérouler un western poussiéreux qui se terminerait de nos jours sur une terre sans vie, où seuls les bruits rappelleraient que l'homme a existé.
Une musique d'un autre temps, un disque de chevet.